2020 en “surlignages”

Création : 23 décembre 2020
Dernière modification : 21 juin 2022

Autrice : Juliette Toussaint

Comme pour tout un chacun, l’année 2020 a commencé aux Surligneurs de manière tout à fait banale et nous avons eu tout le loisir de nous pencher sur les multiples facettes du consentement aux relations sexuelles mais aussi de ressortir nos codes pénaux afin de démontrer à Jordan Bardella (RN)  que nos tribunaux peuvent juger des crimes ou délits commis à l’étranger

En ce début 2020, Les Surligneurs se retroussaient les manches  en vue des élections municipales, une période durant laquelle les déclarations vont bon train et où il faut mettre un peu d’ordre. Ainsi, Les Surligneurs ont expliqué à un candidat à la mairie de Paris en quoi tous les pouvoirs n’étaient pas centralisés à l’Hôtel de ville et à Rémi Gaillard qu’il allait être compliqué de baisser les impôts avec son “SLIP”. Nos auteurs ont parcouru programmes et émissions afin d’éviter que les élus ne s’enhardissent à des déclarations erronées, sans crainte encore pour ce mystérieux virus venue d’Asie.

À l’activiste russe Piotr Pavlenski, qui avait diffusé les vidéos au contenu explicite de Benjamin Griveaux, candidat LREM à la mairie de Paris, l’obligeant à se retirer de la course, il a fallu rappeler que la liberté d’expression peut être limitée par la protection de la vie privée. Inversement, nous avons dû expliquer à ceux qui voulaient « mettre [Piotr Pavlenski] dans un avion direction la Russie »  que ce serait difficile voire impossible.

C’était sans compter l’arrivée de la crise sanitaire qui nous a frappés de plein de fouet à partir de mars. Dans la marée d’information qui s’en est suivie, il a fallu démêler le légal de l’illégal, le fondé juridiquement du non-fondé en droit, et cela n’a pas été facile ! Les Surligneurs sont montés au créneau pour tempérer les déclarations hâtives du Président Emmanuel Macron visant la fermeture des frontière de l’Union européenne. Aux différents maires qui entendaient user de leurs pouvoirs pour “conforter la police dans son action” contre l’épidémie, disaient-ils, à l’instar du maire de Lisieux qui a imposé son propre couvre-feu, Les Surligneurs ont rappelé que l’État avait une exclusivité en la matière.

Pendant ces mois surréalistes, Les Surligneurs confinés n’ont pas pour autant chômé : Jean-Pierre Pernaut et son coup de gueule contre le gouvernement en plein JT, les accusations autour du report des élections municipales “parfaitement illégal”, ou encore Didier Raoult persuadé qu’il pouvait traiter ses patients avec les traitements que lui estime les plus efficaces.

De manière plus transversale, Les Surligneurs ont également pris du recul pour s’interroger sur la légitimité scientifique des “experts” interrogés par les journalistes lors de plateaux télévisés ou autres émissions et sur la marge de manœuvre de l’Union européenne, pour aider à combattre la crise sanitaire.

La vie reprenant son cours sous déconfinement partiel, les personnels politiques ont pu aborder des sujets différents et Les Surligneurs sont restés fidèles au poste. Alors oui, on a rappelé à Marine Le Pen que l’interdiction du voile dans l’espace public est juridiquement problématique. Et on a fait remarquer à Florian Philippot que non, être dans l’UE ce n’est pas avoir aucun contrôle sur les décisions prises.

Quelques piqûres de rappel ont également été administrées dans le cadre de la proposition de loi sur la sécurité globale aux députés qui ont proposé d’interdire toute diffusion d’image de forces de l’ordre mais aussi à Gérald Darmanin, à qui on a rappelé que cette “promesse” était aussi inutile que contraire à la CEDH. A ce titre, Les Surligneurs sont fiers d’avoir sinon provoqué l’abandon de ce projet, au moins contribué à cette prise de conscience.

L’année 2020 aura aussi apporté aux Surligneurs quelques petites “victoires”, comme lorsque le Conseil constitutionnel leur a donné raison à propos de l’inutilité de l’article de loi protégeant les maires contre les poursuites pénales, ou lorsque les tribunaux administratifs ont annulé une par une les dispositions des maires visant à assouplir le confinement ou, dans un autre registre, avec le lancement de notre nouvelle émission de radio avec Vincent Couronne et Tania Racho, “Objection votre Europe“, qui déconstruisent les idées reçues sur l’Europe.

Et si malgré tout ça vous n’êtes plus trop sûrs de ce que font Les Surligneurs, vous pouvez retrouver l’interview de Vincent Couronne qui explique “À l’heure de notre société hyper-communicante, quel est le rôle des Surligneurs ?

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