Marine Le Pen sur le protectionnisme : “La Nation est pour [les mondialistes] une barrière non tarifaire ; à leurs yeux, le pays est un espace géographique ouvert où la seule exigence se limite au ‘vivre ensemble‘”

Création : 8 février 2017
Dernière modification : 17 juin 2022

Auteurs : Frédérique Berrod, Antoine Ullestad et Louis Navé

Source : Discours du 5 février à Lyon

Pour choisir le protectionnisme, il faut sortir de l’UE. Or, un retrait de l’UE implique des négociations longues, complexes, et donc incertaines, qui transforment l’argument protectionniste en fausse promesse électorale.

Le constat que fait Marine le Pen est bien flou. Une barrière non tarifaire est une mesure discriminatoire ou une mesure qui entrave l’accès au marché national. Tout comme l’OMC, l’UE prohibe l’usage de tous les types de politiques protectionnistes en son sein, conformément notamment aux articles 2 TUE, 34, 56, 57, 63 et 110 TFUE. Le marché national est ouvert mais pas à tous les vents. L’Etat peut et doit protéger ses normes sociales, environnementales ou sanitaire, grâce notamment aux potentialités de l’article 36 TFUE. L’intérêt général national n’est pas laminé par l’appartenance à l’UE. Au contraire, c’est l’illusion d’une sécurité purement repliée sur la logique nationale qui est mise à mal.

Pour promouvoir une politique protectionniste, il faut donc sortir de l’UE. Marine Le Pen propose d’ailleurs un référendum sur un Frexit, pour retrouver, dit-elle, la souveraineté de la France (engagement 1 des 144 publiés le 4 février).

Or, le retrait de l’UE sur la base de l’article 50 TUE n’est pas du tout une évidence politique, juridique ou même économique. Le divorce avec l’UE, le Brexit le montre, se négocie dans le temps long, temps durant lequel les règles européennes empêchent d’adopter des mesures contraires au traité, repoussant d’autant le moment de mise en œuvre d’un éventuel protectionnisme.

 

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