Marine Le Pen sur l’enquête ouverte dans l’affaire des assistants parlementaires du FN : “La justice n’est pas un pouvoir, c’est une autorité”

Création : 24 février 2017
Dernière modification : 17 juin 2022

Auteur : Vincent Couronne

Source : TF1, 22 février 2017 – citée par Le Monde

Contrairement à ce qu’affirme Marine Le Pen, la justice en France, en réalité dans une démocratie, est bien un pouvoir, et non simplement une autorité qui n’aurait pas à interférer dans une campagne, ce qu’aucun texte n’envisage.

Marine Le Pen conteste le pouvoir de la justice d’enquêter sur les soupçons qui pèsent sur plusieurs assistants du Parlement européen employés par le Front national. Elle considère que pendant une campagne, la justice ne peut venir “perturber” ce “moment démocratique important, fondamental dans notre pays”. Elle souligne alors qu’en France la justice n’est pas un pouvoir à part entière, mais seulement un autorité.

Par ces mots, la candidate du parti lepéniste entend sans doute dénier à la justice le rôle de contre-pouvoir et lui conteste le droit de prendre des mesures d’instruction pendant la campagne. Marine Le Pen, qui est avocate, fait référence ici au titre VIII de la Constitution, intitulé “De l’autorité judiciaire”. Il est rassurant de savoir qu’elle a lu la Constitution. Sauf que les autres titres, portant sur le Président de la République, le Gouvernement ou encore le Parlement, ne parlent pas plus de pouvoirs exécutif ou législatif. Pourtant, il est difficile de nier que ces deux pouvoirs existent bel et bien. Le fait que la Constitution vise la justice comme une autorité et non comme un pouvoir est donc “sans portée réelle”. Aucun texte n’envisage une sorte de trêve des confiseurs qui ferait qu’un juge s’abstiendrait de prendre des mesures d’instruction à l’égard d’un candidat. Dura lex, sed lex (la loi est dure, mais c’est la loi).

Par ailleurs, il est curieux qu’un candidat à l’élection présidentielle nie à ce point l’importance de la séparation des pouvoirs, condition cardinale de la démocratie, garantie par l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

 

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