Karine Le Marchand : “À 9 ANS, SI TU TE LAISSES FAIRE ALORS QU’UN ADULTE TE FORCE À COUCHER AVEC LUI, C’EST QUE TU LE VEUX BIEN. CE N’EST PAS MOI QUI LE DIS, C’EST LA LOI. CHANGEONS LA LOI POUR QU’ELLE PROTÈGE LES ENFANTS”

Création : 29 novembre 2017
Dernière modification : 17 juin 2022

Autrice : Audrey Darsonville

Source : Twitter, 27 novembre 2017

Les propos de Karine Le Marchand sont juridiquement inexacts et contribuent à entretenir un climat de défiance envers la loi pénale et plus largement envers la justice pénale, ce qui n’aide en rien la cause des victimes.

Ce tweet est écrit en lettres majuscules pour bien signifier l’horreur que la loi pénale inspire à son auteure. Or, ce n’est nullement la loi qui affirme une telle ineptie juridique mais bien Mme Le Marchand.

L’article 222-23 du code pénal énonce que tout acte de pénétration réalisé sans le consentement de la personne est un viol, puni de quinze ans de réclusion criminelle. Ce crime est même aggravé lorsqu’il est commis sur un mineur de quinze ans et la peine est alors de vingt ans de réclusion criminelle. Donc, le fait de forcer un enfant à avoir une relation sexuelle est un crime selon la loi.

De plus, le tweet suggère que la loi considère l’enfant de neuf ans comme étant consentant lorsqu’un adulte « le force à coucher avec lui ». C’est également faux, car l’article 222-23 du code pénal précise bien que l’usage de la « violence, contrainte, menace ou surprise » caractérise le défaut de consentement de la victime. Un mineur âgé de neuf ans forcé d’avoir une relation sexuelle avec un adulte est sous l’empire d’une contrainte morale et s’il ne résiste pas (« tu te laisses faire » selon le tweet), la surprise est constituée car elle peut induire un état de sidération qui empêche la victime de réagir lors de l’agression.

 

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