Emmanuel Macron souhaite « L’interdiction pour les parlementaires d’exercer des activités de conseil parallèlement à leur mandat pour mettre fin aux conflits d’intérêts »

Création : 19 mai 2017
Dernière modification : 14 juin 2022

Autrice : Lauriane Tanguy, docteure en droit public

Relecteur : Vincent Couronne, docteur en droit européen

Source : Programme présidentiel

L’encadrement des activités des parlementaires est un sujet épineux qui ne saurait souffrir d’interdiction générale et absolue. Emmanuel Macron devra donc composer avec les exigences constitutionnelles afin de mener à bien son projet.

Le gouvernement, fraîchement nommé, a précisé que la loi sur la modernisation de la vie publique était l’une de ses priorités. Ainsi le projet de loi, porté par le Garde des sceaux François Bayrou, devrait être prêt avant les élections législatives.

Toutefois l’une de ses mesures phares, à savoir l’interdiction de l’exercice d’une mission de conseil pour les parlementaires en activité, risque de se heurter à la censure du Conseil constitutionnel. Ainsi ce dernier estime que les parlementaires bénéficient du principe de la liberté d’entreprendre, qui découle de l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Si le Conseil constitutionnel admet que le législateur puisse déroger à ce principe, il contrôle strictement la nécessité et la proportionnalité de ces dérogations. Il a ainsi rejeté une tentative similaire du gouvernement de Manuel Valls en 2013 en estimant que l’interdiction faite aux parlementaires était disproportionnée.

Certaines organisations non gouvernementales, telles que Transparency International, suggèrent d’autres pistes inspirées du régime parlementaire allemand. Ainsi la loi pourrait plafonner la part de la rémunération annexe concernée, par exemple autour de 20 % de l’indemnité parlementaire mensuelle (environ 1500 euros mensuels).

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